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24.12.2007
MERVAT YOUWAKIM : "Ô femme... Pardon"
Femme ainsi on t'a voulu, ainsi on t'a sculptée
Statue muette, ignorante et incomprise, tu le fus
Ne sachant comment se révolter ni comment s’imposer
Telle, soumise on t’a voulue
A travers l’ignorance absolue
En ta foi même tu t’es perdue
On t’a voulue femme à la parole inerte
Au cœur de pierre rude meurtri
Où l’émotion au plus profond de toi s’anéantit
Etouffée, elle fut condamnée à jamais
On t’imagina souvent
Comme une plume à bout d’encre
Qui devint muette, ne pouvant achever ses mots
Comme un être à esprit fragmenté
Comme un corps de statue à embellir pour exhiber
Ainsi femme on t’a voulue,
A la vie, au savoir, insouciante tu le fus
Femme objet, sans esprit
A qui on réserva une vie
Ephémère d’illusion elle fut bâtie
Ô femme… pardon
D’ignorance, on t’infligea d’injustes jugements
Ô femme malheur à toi
Ô femme… pardon
Car au fond de toi tu es une femme
Qui vit de pulsations rythmées d’amour
Tu es l’essence même de la pureté et de la sagesse.
Femme, comme tu es patiente
Comme Job le prophète de la patience absolue
Car si lointaine tu es de ton pays
Exilée, dans la solitude tu fus délaissée
Et malgré tes blessures, ce prophète, tu es devenue
Diffusant partout l’amour et la paix
Ô femme, comme tu es merveilleuse
Laissant ton amour souffrir en silence
Tu lui bâtit un sanctuaire le long de ta vie
Et tu as vécu, vénérant cet à amour à vie
Et tu as oublié femme
Que tu es une femme
Au fond de toi un volcan en flamme
Qui après son sommeil se révolte et se disperse
Ainsi éclairée, sur ton passé tu es revenue
Pour effacer ces images d’ignorance absolue
Et toutes ces histoires mensongères sur ta vie
Et tu as voulu être une femme
Qui comprend, qui apprend et qui s’émancipe
Qui sache comment parler en s’opposant
Et comment discuter en approuvant
Tu es revenue dans les couloirs de ta vie
Cherchant un cœur dans les couloirs des perdus
Entre nostalgie et souvenirs, tu n’aperçois
Que ces revenants qui t’ont fait tellement souffrir
Qui t’ont incombée de mensonges et d’injustice
Et sur ton visage tes stigmates de souffrance, on peut lire
Mais d’orgueil cette fois tu t’es promis de résister
De renaître cette femme qui es en toi
Même si les lois dans ton pays te font obstacle
Ces lois sans pitié qui ne te facilitent guère la tâche,
Ce sont des lois d’inconvenance
Lois de paradoxes dont tu es souvent victime
Madame, relevez-vous
Tuez en vous cette âme si faible
Et faîtes apparaître en vous cette créature
Tellement digne, orgueilleuse, sage et rebelle
Tellement joyeuse, rêveuse, aimante et belle,
Que vous êtes Madame.
Poème de MERVAT YOUWAKIM
Extr. du recueil "On se retrouve", traduction française de LYNA
22:15 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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